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# Twenty: Mon fabuleux voyage en Corée du Nord #1

Par Cyriaque Levoir

Le 9 septembre, 2017

Twenty a pu discuter un peu avec Louis de Gouyon Matignon, 25 ans, tout juste revenu de son dernier voyage en Corée du Nord. Quel regard porte-t-il sur cette enclave liberticide, aujourd’hui dotée de la bombe nucléaire ?

08/09/2017

Louis de Gouyon Matignon, 25 ans, grand défenseur de la cause Tzigane en France, a joué les Indiana Jones en Corée du Nord, alors que les tensions avec la communauté internationale n’ont jamais été si fortes. Pour Twenty, il revient sur deux voyages pénibles et son analyse d’une société panoptique sous la dictature de Kim Jung Un.

 

La première fois que j’ai rencontré Louis, c’était il y a trois ou quatre ans, par un ami commun avec qui je travaillais. Une drôle d’amitié est née entre nous, entre sympathie amusée et incompréhension totale. Il faut dire que Louis a quelque chose d’imposant, voire d’inquiétant, et ce n’est pas seulement dû à sa page Wikipédia, déjà bien fournie. Certes, il est le défenseur de la cause des gens du voyage en France, depuis qu’il a seize ans, il a été le directeur de campagne d’un candidat aux élections présidentielles de Côte d’Ivoire, il a fondé un parti européen, une maison d’édition et a, entre autre, publié un ouvrage sur les indépendantistes basque, mais ce qui frappe le plus chez lui, c’est encore autre chose. La rondeur de son corps d’adolescent mal dégrossi et la profondeur de ses yeux bleus dégagent une force presque extraterrestre. Louis est un garçon possédé, comme guidé par une force qui échapperait au plus grand nombre. Avec ses manières d’orateur et la passion qui l’anime, il a des airs de prophète en basquets, possédé et abandonné à une certaine idée qu’il se fait de la justice. Ainsi, quand il m’a annoncé qu’il partait en Corée du Nord, je n’ai pas vraiment été surprise. En revanche, j’avais bien envie de savoir comment s’était passé son voyage.

 

Twenty : Qu’est ce qui t’as poussé à partir à deux reprises en Corée du Nord ?

LGM : La première fois que je suis parti, c’était en juin 2016, pour une durée de dix jours. La deuxième fois, c’était de février à avril 2017, soit plus de deux mois. Si j’y suis retourné, c’est parce que, au cours de mon premier voyage, je n’ai pas compris ni l’essence nord coréenne ni ce qui s’y passait vraiment. Je souhaitais me plonger d’avantage dans cette culture. J’avais envie de comprendre comment ce pays tenait sous la dictature. Pourquoi les gens ne se rebellaient pas ? Comment vivaient-ils ? Quelle était leur mentalité ? L’idée, c’était de ne pas être simplement spectateur, devant un décor préfabriqué, mais bel et bien de vivre avec les nord-coréens.

et la passion qui l’anime, il a des airs de prophète en basquets, possédé et abandonné à une certaine idée qu’il se fait de la justice. Ainsi, quand il m’a annoncé qu’il partait en Corée du Nord, je n’ai pas vraiment été surprise. En revanche, j’avais bien envie de savoir comment s’était passé son voyage.

 

Twenty : Quelle a été la différence entre ton premier et ton second voyage ?

LGM : Au cours du premier voyage, j’ai pu voir ce que tous les touristes voient. J’ai voyagé à travers tout le pays, à travers un organisme de tour operators, et j’ai pu visiter tous les monuments importants, comme le musée où sont exposés les cadeaux offerts au grand leader, la zone démilitarisée au trente-huitième parallèle, un barrage… Au contraire, pendant mon second voyage, j’ai vécu bien plus en immersion, comme un nord coréen, à Pyong Yang. Je me levais très tôt le matin…… Lire la suite sur Twenty en cliquant ici